Dialogues entre Bourdieu et Chartier : Socrate, Flaubert, Proust, Foucault, etc.

J’ai réécouté, récemment, les cinq entretiens entre Pierre Bourdieu (sociologue) et Roger Chartier (historien) dans l’émission « A voix nue » de France culture, réalisés en 1988. J’en ai relevé quelques bribes, sans ordre ni objectif particulier. Seulement quelques mots que j’ai trouvé éclairant, étonnant ou intriguant et qui, peut-être, donneront à certain.e.s l’envie d’écouter ou de réécouter ces deux savants. Chaque entretien dure trente minutes.

Entretien #1 : « La vérité sociologique a une telle violence qu’elle fait souffrir »

« Il faut répondre à des questions partielles, complètement ».

« Nous travaillons à être vérifiable, falsifiable ».

« Pour me réfuter, il faut se lever de bonne heure ».

« L’écaillement des certitudes » dixit Foucault.

Entretien #2 : « Nous naissons déterminés et nous avons une petite chance de devenir libres »

« Proust est un admirable sociologue ».

« Le premier sociologue est Socrate (…) il faisait des enquêtes ».

« Le sociologue dit des choses que personne ne veut savoir ».

« Qui accroît sa science, accroit sa douleur » (Descartes cité par Bourdieu).

Entretien #3 : « S’il y a quelque chose d’éternel, ce sont les faux problèmes »

« Les sociologues sont des gens à histoire alors que les historiens sont des gens sans histoire ».

Entretien #4 : « L’habitus, ce n’est pas le destin, le fatum »

« L’habitus est un système de virtualité, il ne se révèle qu’en référence à une situation. C’est dans une relation avec une certaine situation que l’habitus produit quelque chose. Il est comme un ressort, mais il faut un déclencheur »

Entretien #5 : « Il faut avoir du culot pour résister à l’excommunication »

« Flaubert est un très grand sociologique ; à la fois il évoque le champ c’est-à-dire l’espace des positions, les écrivains d’un côté, les artistes, les banquiers de l’autre, et en même temps il évoque très précisément des personnes, non pas au sens de sujets qui se racontent mais au sens de formules génératrices, c’est-à-dire, là je l’ai montré très précisément à propos des cinq jeunes gens qui sont les héros de L’éducation sentimentale, ce sont des espèces de formule, c’est-à-dire Flaubert les constitue de telle manière qu’on peut prévoir comment il vaut réagir dans des situations différentes ; bon et je crois que ça serait une forme de biographie tout à fait extraordinaire, différente de certains récits biographiques purement descriptifs ».

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