Attentats du vendredi 13 novembre 2015 à Paris : que savons nous ?

36h après l’attaque terroriste qui a frappé Paris et dont le bilan provisoire fait état de 129 morts et 352 blessés dont 99 en « situation d’urgence absolue », je suis allé faire un tour sur Facebook, en me levant, pour m’informer. Ce qui est frappant est l’apparent paradoxe entre des informations nombreuses qui circulent sur le réseau social et tout autant d’incompréhensions et de questionnements. Alors qu’un certain nombre de rumeurs circulent sur la toile, que savons nous des attentats perpétrés le vendredi 13 novembre 2015 à Paris et revendiqués par Daesch, et comment les analyser ?

  • Que savons nous de Daesh et des pratiques terroristes ? Données et contexte 

Books and Ideas propose un dossier complet qui traite des origines de Daesch à partir des guerres du Golfe au début des années 1990. Le Monde propose une vidéo de sept minutes pour expliquer l’émergence de Daesch entre la Syrie et l’Irak et son fonctionnement à partir de cartes (voir aussi , pour comprendre l’approvisionnement en armes de l’organisation terroriste).

The Independent propose cinq infographies utiles pour éclairer l’enjeu du terrorisme dans le monde. On y apprend, entre autres, qu’en 2013, 80% des 16 245 personnes tuées lors d’attaques terroristes se regroupent dans cinq pays : l’Irak (35,4%), l’Afghanistan (17,3%), le Pakistan (13,1%), le Nigeria (10,2%) et la Syrie (6%).

Les attentats perpétrés à Paris le vendredi 13 novembre 2015 et revendiqués par Daesch se sont déroulés, deux jours après l’attaque terroriste la plus meurtrière (au moins 43 morts et 239 blessés) qu’a connu le Liban depuis la fin de la guerre civile en 1990 (voir aussi ici). Le 7 janvier 2015, la France était déjà visée par Daesch lors de l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

  • Que s’est-il passé vendredi 13 novembre dans Paris à partir de 21h30 ? Témoignages

Plusieurs témoignages de citoyens, qui étaient présents au Bataclan, décrivent la manière dont l’attaque terroriste s’est déroulée. C’est le cas de Julien Pearce, journaliste à Europe 1 et qui assistait au concert du groupe américain Eagles of Death Metal :

« J’ai pu voir deux hommes qui tiraient au hasard sur la foule (…) Ils n’avaient pas de cagoule (…) Ils étaient très jeunes ».

Un autre journaliste, Olivier Tallès qui travaille au service monde de La Croix témoigne de l’attaque des terroristes dans la rue alors qu’il se trouve dans un bar à l’angle de la rue du Faubourg du Temple et de la rue Fontaine au Roi :

« Entre les tirs et les dix minutes qui suivent, le temps semble s’être figé. Les secondes deviennent des heures. Je ne me rappelle pas avoir vu des gens hurler ou s’enfuir en criant, comme dans les films. Le calme règne ».

Ils sont souvent jeunes. Ils viennent du Maroc, des Etats-Unis, de l’Algérie, de la France, du Chili, du Royaume-Uni, de l’Espagne, du Portugal, de la Tunisie, de la Belgique, etc. Ils sont les victimes de cette attaque terroriste. BuzzFeed propose une série de portraits de ces citoyens du monde. Ismaël Omar Mostefaï, est l’un des kamikazes français du Bataclan qui leur a ôté la vie et qui a été identifié.

  • Comment faut-il répondre à cet attentat et à la menace qu’il incarne ? Analyses

Pour Dominique de Villepin, la guerre est une guerre sans fin que l’on ne peut pas gagner, là où Hubert Védrine estime que nous n’avons pas le choix : l’intervention militaire contre Daesch est indispensable. Les deux anciens ministres des Affaires étrangères ont échangé, samedi 14 novembre, sur le plateau d’Emmanuel Taddei (France 2).

Selon Jean-Pierre Filiu, historien et chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, Daesch veut et vise la guerre civile en France. Par ailleurs, Filiu estime que la France, comme les autres Etats occidentaux, doit soutenir les peuples arabes qui sont les seuls à pouvoir arrêter Daesch :

« Ce sont les peuples arabes, et eux seuls, qui pourront défaire Daesh. Il est grand temps de le comprendre dans les capitales occidentales et d’apporter le soutien indispensable à ces forces populaires, plutôt qu’à des dictatures condamnées à court ou moyen terme ».

  • Quelles sont les actions qui ont été prises par le gouvernement français à la suite des attentats ? Décisions

La première décision prise par le président Hollande, lors de sa première allocution dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 novembre, est de décréter l’état d’urgence (voir aussi ). La dernière déclaration d’urgence sur l’ensemble du territoire remonte à 1961, dans le contexte de la guerre d’Algérie :

« Nous avons, sur ma décision, mobilisé toutes les forces possibles pour qu’il puisse y avoir la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers qui peuvent être concernés (…) J’ai également demandé qu’il y ait des renforts militaires, ils sont en ce moment sur l’agglomération parisienne pour être sûrs qu’aucune attaque ne puisse de nouveau avoir lieu » a dit le chef de l’Etat français.

La réaction du président Hollande, « qui ne surfe ni sur le pathos ni sur la peur » selon Slate.fr, est considéré par Die Zeit, comme une preuve de courage. Pour l’hebdomadaire allemand, le chef de l’Etat français est, par sa sobriété, le « Helmut Schmidt de la France » :

« Quand ça pète, il est là. Sans discours idéologique, courageux, sans faire tout un scandale. En ayant pleine conscience des valeurs démocratiques. Beaucoup de journalistes ont décrit ainsi la politique menée en temps de crise par le chancelier aujourd’hui décédé Helmut Schmidt dans leurs nécrologies. Mais on parle ici de François Hollande ».

  • Et après ?

L’enquête des autorités françaises se poursuit vers la Belgique selon les informations les plus récentes dont je dispose au moment d’écrire ces quelques lignes. A Paris, les dons du sang seront les bienvenus à partir de demain, lundi 16 novembre. Enfin, il n’est pas inutile de continuer à s’informer par la presse mais aussi par des travaux scientifiques récents sur la psychologie sociale des attaques terroristes suicides, sur les variables explicatives de ces attaques suicides ou encore sur les enjeux territoriaux et identitaires des corps des djihadistes, hier à New York, Madrid et Londres, aujourd’hui à Paris.

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