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LCDM_030_L204.jpg[10] Faure Samuel B.H. 2018. « La politique du « flexilatéralisme » : le cas de la politique française d’armement dans le contexte du Brexit ». Les Champs de Mars. 30 (1) : 73-101.

Résumé – Quels sont les types de coopération internationale utilisés par l’État pour acquérir des armements et comment les articuler conceptuellement ? Cet article développe le concept du « flexilatéralisme ». Ce néologisme définit la politique par laquelle un État mobilise simultanément différents types de coopération internationale pour répondre à un problème public comme l’acquisition d’armements. La politique du flexilatéralisme ou « flexilatérale » d’un État est opérationnalisée en révélant les différents types de coopération internationale qui le constituent et qui sont qualifiés des « variétés de l’internationalisme ». Les variétés de l’internationalisme se situent à deux échelles, européenne et transatlantique, et prennent quatre formes : l’unilatéralisme (pas de coopération), le bilatéralisme (coopération entre deux États), le minilatéralisme (coopération entre un groupe d’États exclusif) et le multilatéralisme (coopération entre un groupe d’États inclusif). Au-delà de la littérature ayant trait à la politique d’armement en Europe, le concept du flexilatéralisme contribue, sous l’angle des relations internationales, à celles portant sur l’intégration différenciée et la désintégration de l’UE d’une part, et à celles ayant trait aux variétés du militarisme libéral et du capitalisme industriel de la défense d’autre part. Le concept du flexilatéralisme est illustré par l’élaboration de la politique d’armement de la France, dans le contexte des négociations sur le Brexit.

Abstract – What types of international cooperation do States use to acquire weapons and how can these strategies be conceptualised? This article develops the concept of « flexilateralism ». This neologism defines the policy whereby a State simultaneously mobilizes different types of international cooperation to respond to a public problem such as the acquisition of armaments. The flexilateralism of « flexilateral » policy of a State is operationalized by revealing the different types of international cooperation that cosntitute it and which are referred to as « varieties of internationalism ». These operate on two levels, European and transatlantic, and take four forms: unilateralism (no cooperation), bilateralism (cooperation between two States), minilateralism (cooperation between a group of exclusive States) and multilateralism (cooperation between a group of inclusive States). Beyond the literature on armaments policy in Europe, the concept of flexilateralism contributes – from the point of view of international relaitons – to the literature relating to differentiated integration and the disintegration of the EU on one hand, and that covering the varieties of liberal militarism and the industrial capitalism of defence on the other. The concept of flexilateralism is illustrated by the development of France’s armaments policy, in the context of the Brexit negotiations.

rei_48,2,_printemps_2017.jpg[9] Faure Samuel B.H., Lequesne, Christian. 2017. « La ‘logique du praticable’ à l’épreuve de la pratique scientifique ». Études internationales. 48 (2) : 191-202.

Résumé – Cet article est une réflexion critique sur la « logique du praticable » de Vincent Pouliot qui a contribué depuis dix ans à faire progresser la théorie des Relations internationales. À partir de leurs propres travaux, les auteurs formulent trois questionnements relatifs à la « logique du praticable ». D’abord, ils s’interrogent sur l’enchâssement de la « logique du praticable » avec les logiques réflexives dans la construction théorique de Vincent Pouliot. Ensuite, ils réfléchissent à son opérationnalisation méthodologique. Enfin, ils examinent le statut des données empiriques et de leurs usages. Afin d’assumer la rupture prônée par Vincent Pouliot, les auteurs invitent à considérer plusieurs « logiques du praticable » et à se tourner davantage encore vers la recherche ethnographique de terrain pour renouveler la théorie des Relations internationales.

Abstract – This article is a critical reflection on the ‘logic of practicality’ developed by Vincent Pouliot, who has contributed to the advance of international relations theory over the past ten years. Drawing on their own work, the authors formulate three questions respecting the logic of practicality. First, they question the entrenchment of the logic of practicality with reflexive logic in Pouliot’s theoretical construction. Second, they consider its methodological operationalization. And finally, they examine the status of empirical data and its use. In acknowledging the break advocated by Pouliot, the authors urge readers to contemplate other ‘logics of practicality’ and draw even more extensively on ethnographic field research to renew international relations theory.

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[8] Faure Samuel B.H. 2017. « The Nation, Bureaucratic Functionality, and EU Institutions: Three Socialization Worlds of CSDP Actors ». St Antony’s International Review. 12 (2) : 190-206.

Abstract – This paper engages with the theoretical debates about the emergence of a European Union (EU) strategic culture by focusing on social representations of the Common Security and Defence Policy (CSDP) actors. Using a case study of military cooperation areas, during a period of security crises (2008–2014), two research questions are addressed: (1) What are CSDP actors’ social representations on military cooperation areas? (2) How do national, functional, and institutional socialization processes shape the emergence of the EU strategic culture? The paper shows that (1) CSDP actors have sharply state-centric social representations of defence and security issues. Nevertheless, the European security field is not only structured by the national cleavage between states, and especially between great powers in Europe, but also by transnational political cleavages. As regards military cooperation areas, CSDP actors share a set of social representations in favour of European cooperation through the CSDP rather than transatlantic cooperation through NATO. Their social representations are not reducible to their national preferences and suggest the emergence of an EU strategic culture. (2) This EU strategic culture is shaped within three areas or worlds of socialization: one national (the nation) and two transnational (bureaucratic functionality and EU institutions). This paper is based on a questionnaire of closed questions and on a set of semi-structured interviews, which investigated networks and social representations of CSDP actors in France, Germany, the United Kingdom (which are the three main military players in Europe), and in EU institutions. This paper contributes to the field of EU studies by offering a sociological perspective on the CSDP.

[7] FaPolitique européenne, 48, 2015ure Samuel B.H., Hoeffler Catherine. 2015. « L’ « européanisation sans l’Union européenne » ? Penser le changement des politiques militaires ». Politique européenne. 48 (2): 8-27.

Premières lignes – L’une des conséquences de la spécialisation du travail scientifique (Elias, 1991 ; Hall, 2007 ; Bickerton, 2012 ; Lahire, 2012) est le développement d’un jargon propre à un domaine d’études qui est difficilement intelligible par tout un chacun. Les études européennes n’échappent pas à cet écueil. « Intégration européenne », « européanisation », « UEisation », « institutionnalisation européenne », « bruxellisation » : un ensemble de concepts a été développé dans le but d’objectiver les développements politiques de l’Europe, incluant les dynamiques verticales d’intégration et les dynamiques horizontales entre pays européens. Il n’est pas évident de les distinguer en raison des définitions approximatives ou mouvantes, des usages différents d’un même concept ou du même usage de plusieurs concepts. …

[6] BéPolitique européenne, 48, 2015raud-Sudreau Lucie, Faure Samuel B.H., Sladeczek Michael. 2015. « Réguler le commerce des armes par le Parlement et l’opinion publique. Comparaison du contrôle des exportations d’armement en Allemagne, France, Royaume-Uni et Suède ». Politique européenne. 48 (2): 82-121.

Résumé – En cherchant à expliquer pourquoi les exportations d’armement sont fortement régulées par certains États européens et plus faiblement par d’autres  cet article défend l’idée d’une absence d’européanisation du contrôle des exportations d’armement, et que ni la relation Etat-industrie ni l’implication des acteurs exécutifs n’expliquent ces variations. Deux hypothèses alternatives sont proposées : la position du Parlement dans le processus de décision du contrôle des ventes d’armes et la saillance de l’enjeu des ventes d’armes auprès de l’opinion publique.

Abstract – In seeking to explain why some European states strongly regulate arms exports but other weakly, this article argues that there is no Europeanization of arms export controls, and that neither the state-industry relationship nor the involvement of executive actors explain these variations. Two alternatives hypotheses matter: the position of Parliament in the arms export control decision-making process, and the salience of the arms sales issue in the view of public opinion.

Questions de recherche, Sciences Po-CERI[5] Faure, Samuel B.H. 2015. « La coopération internationale dans le secteur de l’armement. Apports et critiques de la littérature à la lumière du cas français ». Questions de recherche. 46. 45p.

Résumé – Cet article porte sur le dilemme décisionnel de la politique d’acquisition d’armements. Pourquoi un Etat décide-t-il parfois de coopérer à l’international avec d’autres Etats et leurs industries de défense, pour acheter des biens militaires tels que des avions de combat, des chars d’assaut ou des navires de guerre, et pourquoi décide-t-il parfois de ne pas coopérer en privilégiant l’autarcie ? Pour répondre à cette « question de recherche », cet article rassemble, sous la forme d’une revue de la littérature, l’ensemble des contributions en science politique (soit près de cent références) qui visent à expliquer cette variation décisionnelle. L’objectif est de cartographier l’ensemble des modèles explicatifs de ce dilemme en testant leurs propositions théorique et méthodologique sur le cas de la France, pour identifier leurs principaux apports ainsi que leurs limites.

Abstract – This article focuses on the decision-making dilemma of arms procurement policy. Why does a State decide sometimes to cooperate internationally with other States and their defense industries, to buy military goods such as jet fighters, tanks and warships, and why does it decide sometimes to not cooperate and prefers autarky? To answer this Research Question, this article brings in the form of a literature review, all the contributions in political science (almost hundred references) that explain this decisional variation. The aim is to map all explanatory models of this dilemma by testing their theoretical and methodological proposals on the case of France, to identify their main contributions and their weakness.

[4] FaGouvernement et action publique, 3, 2012ure, Samuel. 2012. « Contextualiser les phénomènes sociaux au-delà de l’Etat-nation ». Gouvernement et action publique. 3 : 127-135.

Premières lignes – Dialogue de sourds. C’est par le rappel d’un dialogue de sourd sentre l’historien Fernand Braudel et le sociologue Pierre Bourdieu sur l’usage du temps long en histoire – le premier le défen-dant, le second le critiquant – que s’ouvre Monde pluriel. Penser l’unité des sciences sociales. Qui a raison ? Bernard Lahire les renvoie dos à dos en formulant deux critiques : une montée en généralités abusive et une division du travail excessive. Produit de logiques de distinction académiques, la position d’universalisation théorique considère qu’une même boîte à outils conceptuels est en mesure d’analyser une infinité d’objets et de problématiques. À rebours, Lahire estime que les modèles théoriques doivent être choisis en fonction de…

[3] FLes Champs de Mars, 24, 2012aure, Samuel. 2012. « Coopérer comme politique d’armement en Europe ». Les Champs de Mars. 24: 114-122.

Premières lignes – Originaire de Heidelberg, formé à l’université de Cornell par Peter Katzenstein, Ulrich Krotz est maître de conférences à l’université de Brown. Dans Flying Tiger, Krotz étudie le développement et la production, par l’Allemagne et la France dans le cadre d’une coopération bilétarale : d’un hélicoptère de combat : le Tigre. Le Tigre est un hélicoptère de deuxième génération, c’est-à-dire technologiquement avancé (vol de nuit, misiles de troisième génération). L’agent 007 y avait recourt dans Goldeneye (1995). Il s’agissait alors d’un prototype. La première série de Tigre est livrée à l’Allemagne et à la France en 2005. En 2009, trois Tigre « français » réalisent leur première mission militaire en Afghanistan. Ce programme d’armement aurait coûté près de 7,5 milliards d’euros (Krotz, 2011). L’objectif de cette recherche est de comprendre les raisons qui ont conduit l’Allemagne et la France à coopérer. Krotz vise à…

[2] Dubarry TDynamiques internationaleshibault, Faure Samuel. 2011. « Résistances à la fermeture d’un espace de tortures : le camp de Guantanamo ». Dynamiques internationales. 5: 1-11.

Résumé – L’élection de Barack Obama fin 2008 appelait un changement politique radical. Le nouveau Président des Etats-Unis faisait de la fermeture du camp de Guantanamo, espace caractérisé par une normalisation de la torture et de la violation du droit international, l’une de ses priorités politiques. Pourtant, plus de deux ans après son élection, le camp de Guantanamo n’est toujours pas fermé. Une rupture discursive a été opérée par l’administration Obama (le camp doit être fermé) sans qu’un changement politique puisse être administrativement acté (fermeture du camp). Comment expliquer, malgré la volonté politique affichée, que l’administration Obama n’ait toujours pas fermé le camp de Guantanamo ? Les difficultés rencontrées par l’administration Obama s’expliquent par des résistances structurelles dont font état les concepts de « dépendance au sentier » et d' »hystérésis de l’habitus » et de « culture stratégique ».

[1] MérandEuropean Security Frédéric, Bonneu Mathias, Faure Samuel. 2009. « What do ESDP Actors Want ? An Exploratory Analysis ». European Security. 18 (3): 327-344.

Abstract – This paper analyzes the preferences of European defense actors vis-à-vis the European security and defense policy (ESDP) with a view to identifying the main ideational points of convergence and fault lines that structures this policy domain. In an exploratory analysis that relies on an original data-set compiled from systematic interviws conducted with 73 ESDP actors in France, the UK, Germany, and Brussels, we address two research questions. First, what do ESDP actors think about ESDP? Second, can we classify their preferences according to sociological factors that underpin the ESDP domain? To conceptualize the belief system of ESDP actors, we propose a typology that distinguishes (1) the social context in which ESDP actors are embedded and (2) the specific ESDP aspects about which preferences are shaped. Our results suggest that both national and occupational variables play an important role in explaining the preferences of ESDP actors.

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