J’ai publié un article intitulé « Le réarmement des États contre l’Europe. Ce que l’Union européenne a fait de la guerre en Ukraine (2022-2025) » dans la revue Hérodote (199, 4, pp. 11-28). L’article est téléchargeable sur Cairn, tout comme les autres articles de ce numéro spécial intitulé « L’Europe vers la puissance ? » et coordonné par Béatrice Giblin et Sylvain Kahn.
Quelques mots de présentation de mon article :
[Argument exogène] L’accentuation de la dépendance des États européens vis-à-vis des États-Unis représente l’argument dominant – et solidement documenté – pour expliquer l’affaiblissement de la capacité d’action militaro-industrielle de l’Europe.
[Argument endogène] Le réarmement des États en Europe est une autre source d’affaiblissement militaro-industriel de l’Europe, sous-étudiée et donc sur laquelle je m’attarde : c’est la thèse du réarmement des États contre l’Europe. L’incapacité des acteurs européens à faire émerger une capacité militaro-industrielle européenne est le produit de la dépendance de l’Europe, non seulement « par le haut » aux États-Unis, mais aussi « par le bas » aux États européens.
[Approche] L’Union européenne (UE) est conceptualisée à la fois comme un espace et comme un acteur afin d’éviter l’écueil de se satisfaire d’une catégorie d’analyse trop englobante (« l’Europe ») qui éclipse des réalités politiques différentes : l’ordre du régime politique de l’UE, la distribution des pouvoirs entre l’UE et ses États membres, et le type des instruments d’action publique.
[Sommaire]
[I] L’unité sans l’intégration : l’UE, un espace politique hétéronome
– La continuité intergouvernementale de l’ordre institutionnel européen
– L’unité politique de l’Europe pour faire face à la Russie
[II] Des instruments sans capacités : l’UE, un acteur stratégique « d’appui »
– Création d’instruments européens réglementaires et budgétaires
– Des instruments interventionnistes sans capacité budgétaire pour intervenir
– Négociations européennes en cours et à venir